pierres et bijoux: 06 Feb 2010
Aigue marine
Du latin aqua marina (eau de mer). Ce nom lui vient de sa couleur, qui est tout à fait celle du vert de mer.
Quelles que soient les diverses classifications faites par les chimistes et les minéralogistes, il est impossible, pour le praticien, d’admettre la moindre connexité entre l’aigue marine et l’émeraude.
La différence à l’oeil est trop frappante, et, d’ailleurs, le principe colorant n’est pas le même. Et quant à la valeur intrinsèque de ces deux substances, un abîme les sépare.
L’aigue marine est un silicate double de glucine et d’alumine coloré par l’oxyde de fer, tandis que l’émeraude l’est par celui de chrome. Puis, la différence de structure, de transparence et de jeu, sans parler de la couleur, entre ces deux pierres, ne peut jamais faire hésiter sur leurs natures bien distinctes.
L’aigue marine proprement dite est une pierre occidentale ; celles qu’en a prétendu nommer orientales sont des béryls, et se reconnaissent facilement à leur plus grand degré de dureté, à leur pesanteur spécifique, qui est de 3,549 à 3,908, et à la couleur bleue plus prononcée qui est annexée à celle vert de mer, et qui en modifie considérablement l’aspect.
Cependant, nous devons dire que si l’aigue marine peut, dans certains cas, prendre le nom d’orientale, c’est celle que l’on trouve dans l’île de Ceylan. Sa résistance à la meule, son éclat si vif, bien supérieurs à ceux provenant de la Sibérie et de la Saxe, ont été constatés, mais cela ne suffit pas pour être ainsi dénommées. Et puis, il est constant pour nous que l’aigue marine véritable, dans quelque condition qu’elle se trouve, est une pierre de troisième ordre. Malgré cela, cette pierre, très transparente et très agréable à l’oeil, plaît par le poli très vif qu’elle acquiert, malgré son peu de dureté, inférieure à celle de la topaze.
Sa pesanteur spécifique est de 2,7 à 2,77. Elle jouit de la double réfraction, mais faiblement; sa cassure est brillante et ondulée, parfois lamelleuse. Sa forme primitive est le prisme hexagonal très allongé et souvent modifié ainsi qu’on en peut juger.
Les plus belles aigues marines occidentales nous viennent maintenant toutes taillées du Brésil.
On les trouve dans des granits graphiques, engagées dans des gangues de quartz et dans les alluvions qui abondent au Brésil. Soumises au feu, elles entrent en fusion et perdent leur couleur.
Il semble que las gemmes nés ou soumis à l’influence des climats septentrionaux éprouvent des perturbations profondes dans leur cristallisation; car, avec les mêmes constituants, elles présentent des effets différents.






